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Giuseppe Penone plante ses arbres à Versailles

Giuseppe Penone plante ses arbres à Versailles

Après Joana Vasconcelos l’an dernier, c’est Giuseppe Penone, figure de l’arte povera, qui a été invité à installer l’art contemporain à Versailles. Les arbres en bronze de cet amoureux de la nature investissent avec bonheur les jardins dessinés par Le Nôtre. Un grand cèdre de Versailles tombé lors de la tempête de 1999, récupéré et transformé par l’artiste, revient devant le château

"Je suis allée rencontrer Giuseppe Penone l’hiver à Turin (où l’artiste travaille, ndlr) et j’ai compris tout de suite qu’il était fait pour Versailles", raconte la présidente du château de Versailles, Catherine Pégard.
 
C’est Alfred Pacquement, actuel directeur du Musée national d’art moderne du Centre Pompidou, qui a été chargé du commissariat de l’exposition. Il fallait en même temps respecter le projet de Le Nôtre tout en intervenant de façon forte, sans timidité, explique-t-il.

Quant à l’artiste lui-même, il raconte : "Je suis venu voir le lieu un jour de neige, il n’y avait pas de feuilles aux arbres. C’était très pur, comme une esquisse de Le Nôtre, un dessin très simple sur du papier blanc. Cette vision m’a aidé pour voir ce que je pouvais faire dans le jardin." Pour lui, exposer à Versailles, "c’est une opportunité extraordinaire", quelque chose qui "arrive une fois dans la vie".
 
C’est tombé au bon moment, puisqu’il avait les œuvres. En effet, seule une des sculptures exposées a été créée spécialement pour Versailles. Et quand on lui demande pourquoi il n’en a pas créé davantage pour le lieu, il répond qu’"une exposition n’est pas une bonne raison pour créer une œuvre". La vie des œuvres doit pouvoir continuer après la fin de l’exposition.

L’essentiel se passe dehors, donc. Hormis trois sculptures installées dans le château, Penone a travaillé dans le jardin. Sur la grande perspective, entre le château et le grand canal, il a disposé 7 sculptures ou ensembles. Sept autres parsèment le bosquet de l’Etoile.
 
Né dans un village du Piémont, Giuseppe Penone est un amoureux de la nature et ses premières œuvres ont été des interventions sur des arbres. Des arbres qu’aujourd’hui il réinvente, en bronze. Une matière qui, pour lui, "a un lien très fort avec le végétal". Parce qu’il se patine comme le bois. D’ailleurs quand on voit ses arbres, on imagine vraiment du bois. Lié au végétal aussi parce que le bois est utilisé pour la fusion du bronze.

Giuseppe Penone devant le château de Versailles. "Tra scorza e scorza", bronze et chêne
Juste devant le château, on peut voir un alignement de sections de troncs horizontaux, posés sur des branches, comme une procession de gros insectes. L’intérieur des troncs, évidés, est couvert d’or. "L’or, c’est l’évocation de la lumière. Le végétal vit à la recherche de la lumière", explique l’artiste. Et l’œuvre s’appelle "Spazio di luce", espace de lumière.
Juste devant, imposante, "Tra scorza e scorza" (entre écorce et écorce). A l’origine de cette sculpture, un grand cèdre de Versailles tombé lors de la tempête de 1999, que Giuseppe Penone a récupéré. Il en a reproduit, en bronze, l’écorce. Coupée en deux, elle se dresse autour d’un jeune arbre vivant, un chêne qui pousse dans l’espace qu’elle lui laisse, et dont "on peut imaginer qu’il va l’occuper entièrement".
Giuseppe Penone à Versailles, "Albero Folgorato", bronze et or (6 juin 2013)
Giuseppe Penone à Versailles, "Anatomie", marbre blanc de Carrare
Autre matériau privilégié par l’artiste, le marbre blanc. Ses "Anatomie" (anatomies) sont des blocs alignés, sur lesquels il a retrouvé les veines, évoquant l’anatomie humaine ou végétale.


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